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Actualité

03 avril 2011 : Quand la kafala pose problème

Extrait d'  ACTUALITE D'ALGERIE

En matière d'adoption internationale dans la Convention de La Haye de mai 1993, il est constaté une discrimination manifeste à l'endroit de la communauté adoptante musulmane.Par cette réflexion, Me Fatma-Zohra Benbraham, avocate à la cour d'Alger, qui était l'invitée, hier, du Forum d'El Moudjahid consacré aux enfants nés sous X, il y a une espèce de révolte contre les textes de la loi régissant la prise en charge du problème posé par l'adoption de cette catégorie de la société."Une loi scélérate datant de plusieurs décennies qui édicte que la femme ayant accouché dans l'anonymat ne disposait que de trois mois pour reprendre son enfant laissé chez une famille d'adoption, sinon elle risquerait de le perdre pour toujours", commente encore l'avocate, qui se dit déterminée à aller jusqu'au bout pour défendre sa thèse visant à la révision des textes de loi en se référant à la loi musulmane et de ne pas faire dans le suivisme, allusion faite à la convention de La Haye de mai 1993.! "Un texte initial appelant, certes, tous les pays européens à uniformiser leurs points de vue et leur droit interne sur la question de l'adoption, mais a-t-on pensé à la spécificité des ةtats, de leurs règles religieuses, de leurs cultures et de leurs identités ? Pas assez à mon sens ou pas du tout", précise-t-elle.Exhortant les religieux musulmans à faire preuve de plus de bon sens et de réflexion, l'avocate s'indigne que Badinter intervienne au Parlement européen dans un droit fondamental musulman. "Nous allons, avec M. Zerguine, intervenir auprès de la communauté européenne sur la question", confie-t-elle, faisant observer que la Convention de La Haye ne fait aucune référence à la kafala. Autrement dit, cette convention occulte carrément les musulmans alors que l'Islam est la deuxième religion dans le monde."Pour nous, c'est une façon d'écarter la religion musulmane, et dans ce cas, il y a de quoi se poser des questions", dit-elle. Et d'ajouter qu'à travers cette conven! tion, les Européens sont en train de créer un vivier pour le v! ieux continent."L'Europe est asphyxiée par le célibat, le concubinage et la prostitution. La France a déjà fait l'expérience avec les enfants algériens durant la colonisation. Elle en a fait des esclaves. Actuellement, elle dispose de 7 000 enfants nés sous X dans la capitale des Comores."Me Benbraham, qui compte organiser avec Mohamed Chérif Zerguine, cas d'espèce et auteur du livre Pupille de l'ةtat, la peur de l'inconnu, revient à la charge sur l'adoption pour préciser que dans le droit musulman, la kafala veut dire la prise en charge totale d'un enfant de parents inconnus et de l'élever comme s'il était le propre enfant de l'adoptant, mais en maintenant le lien filial originaire. De même que l'adopté ne peut prendre le nom de l'adoptant et garde son nom de famille originaire qui ne doit en aucun cas être changé. Il doit être élevé dans la transparence de son statut.La kafala n'est attribuée qu'à une personne musulmane. C'est même une condition sine qua non. Le bénéficia! ire du recueil légal n'aura aucun droit sur la succession du kafil, mais peut bénéficier d'un legs ou d'un don du tiers de son patrimoine. La filiation n'existe en droit musulman que par la loi. Les modes de preuves retenues sont le mariage, par reconnaissance de paternité, de maternité ou judiciaire. Il y a aussi la filiation adoptive et le cas de l'enfant trouvé. Comme cas d'espèce, le forum a également invité M.-C. Zerguine, un enfant né sous X il y a près de quarante-huit ans. Aujourd'hui, intellectuel, il raconte dans son livre sa vie en découvrant tout enfant une réalité peu reluisante. "Ma raison d'être se voyait métamorphosée de jour en jour, puisant sans limite dans la parole divine. Pendant très longtemps, je n'osais même pas prononcer mon nom. Devant les polémiques universelles sur la question de l'adoption et de la kafala, je fuyais toutes les discussions qui abordaient ce sujet", écrit-il.ہ noter que près de 30 000 enfants naissent sous X chaque année en Algérie.

 

 



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